Nathalie Francisci

Les objectifs inavoués des commanditaires d'études ....

27 mars 2012

Une récente étude commanditée par la Banque Centrale Allemande veut démontrer que la nomination de femmes sur les Conseils d'administration des banques Allemandes aurait un impact négatif sur la performance et le risque. Désolée, mais je la trouve un peu facile celle-là !
Lorsque le journaliste des Affaires m’a contacté pour connaître mon point de vue sur la question, je n’avais pas encore eu le temps de lire son article ni de passer au travers des 80 pages de cette fameuse étude si controversée (à lire dans ma section publication en Gouvernance).
Pourtant ma réaction à chaud est la suivante : Bizarre, bizarre… On dirait que l’Allemagne n’a pas le goût de suivre la France sur la route des Quotas féminins. Facile de faire porter le chapeau aux femmes sur la non-performance. En fait, ce dont il s’agit c’est la peur d’introduire du changement dans les modèles de Gouvernance pour amener du sang neuf et de la relève à la table. L’argument choc invoqué est le manque d’expérience des femmes sur les Conseils. Ben voyons, cela signifie que les jeunes hommes administrateurs aussi créeraient  un risque ? Alors quoi, on va se tourner les pouces en attendant que des sièges se libèrent ? On force les entreprises à adopter des plans de successions mais rien pour les Conseils ?
Ce que je trouve regrettable c’est que la crainte de voir arriver une Loi sur les Quotas dans les entreprises Allemandes amène ce genre de réaction. On est en train de fausser le débat. La vraie question est celle de la relève en Gouvernance bien au-delà de la fameuse diversité. Plus facile de polariser le débat sur le rapport homme-femme que de parler de l’enjeu de former et de développer une relève en gouvernance.
Il est bien évident que l’introduction d’un nouveau membre du CA homme, femme, d’expertise différente ou d’origine culturelle différente va créer du remoud et changer les vieilles habitudes. De nouvelles questions vont être posées, c’est peut-être bien cela qui dérange. Les CA des Banques Allemandes ont-ils tellement peur du changement qu’ils préfèrent faire porter le chapeau aux femmes plutôt que de remettre en question leur modèle de composition des conseils et de parler de renouvellement de mandats et de l’âge de la retraite par exemple ? Franchement, le cœur me lève…. Comme quoi, les lois sur les quotas ne sont peut-être pas LA solution…
 

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