Nathalie Francisci

Leadership et immigration

24 mars 2012

Si je me considère aujourd’hui Québécoise et Canadienne, je ne peux oublier que j’ai été aussi une jeune femme immigrante. Mais je suis très chanceuse car j’ai choisit librement mon immigration. J’ai grandi dans un pays où j’ai pu étudier et travailler librement. Je n’ai pas souffert de l’oppression et je n’ai pas fuit un pays en guerre ni sous l’emprise d’un régime dictatorial religieux, politique ou fanatique. Beaucoup de femmes, moins chanceuses ont du se battre pour survivre et elles ont fuit leur pays non par choix mais par obligation de survie.
Dans les deux cas, il faut du courage pour immigrer. Il faut du courage pour quitter ses racines, son pays, ses repères et faire le saut dans l’inconnu. Le courage rime avec leadership. Le courage est une des caractéristiques essentielle des grands leaders.
Je suis arrivée au Québec en juillet 1996. J’avais 23 ans, un bébé de 15 mois et j’attendais mon deuxième enfant prévu pour le mois de janvier suivant. Je n’avais jamais mis les pieds au Québec. Lorsque je suis arrivée, malgré le fait que j’étais une jeune mère de famille, malgré le fait que je n’avais pas de diplômes officiellement reconnus, malgré le fait que je n’avais aucune expérience de travail sur le marché local. J’ai senti que tout était possible. J’ai senti une grande ouverture et surtout j’ai réalisé que des gens pouvaient me faire confiance. Ce sont d’ailleurs des hommes qui m’ont donné mes premières chances et j’ai réalisé alors que si je le voulais vraiment je pouvais y arriver. C’est ce sentiment qui m’a donné l’énergie de créer ma propre entreprise.
Les femmes (immigrantes ou non) représentent 50% de la population active. Seulement à peine 10-12% siègent sur les Conseils d’administration et à peine 18% dans les fonctions exécutives (20% dans les OBNL). Les Conseils d’administration prônent une meilleure diversité. On ne peut être contre mais avant de briser le plafond de verre ou le fameux plancher collant, il faut que les femmes soient mieux représentées au sein des comités de direction à la tête des entreprises. Quand nous aurons autant de femmes CEO à la tête des grandes entreprises que d’hommes, nous aurons alors plus de femmes sur les Conseils.
Il faut combattre certains mythes et certaines perceptions: on aime les hommes qui réussissent ce sont des visionnaires qui travaillent forts alors que les femmes sont carriéristes ou opportunistes…. la réalité est que les femmes doivent faire face a des décisions difficiles liées à la famille, les enfants et leur carrière.

Nous devons changer ces chiffres pour garder et encourager les femmes qu’elles soient immigrants ou non.

Les femmes abandonnent-elles trop vite ? Sacrifient-elles leur carrière sur l’autel de la conciliation travail-famille ? Tous les programmes de coaching ou de mentorat sont-ils suffisants ?

Que pouvons-nous faire comme individu pour nos filles et la communauté des affaires pour changer la situation ?

• Oser – Prenez votre place – Speak UP parlez d’une voix forte et assurée. N’ayez pas peur de vous lancer dans de nouveaux projets, de faire des choses nouvelles. Vous avez quitté votre pays pour donner un nouveau souffle à votre vie vous n’avez pas vous arrêtez en chemin ?
• faites de votre conjoint un réel partenaire d’affaires.
• Faites les choix qui comptent pour vous. pas ceux des autres, pas ceux que l’on veut vous imposer. vos choix a vous. Je me souviens lorsque j’ai lancé mon entreprise, mes deux bébés dans les bras. J’ai souvent entendu des choses comme « quelle genre de mère es-tu de laisser tes enfants élevés par une autre ? Pourquoi as-tu quitté ta vie de fou à Paris pour avoir toujours ce même rythme ? Etc. ». Ce qui était important pour moi à l’époque et qui le reste encore aujourd’hui, c’est d’avoir une passion, de me développer, de réaliser quelque chose de plus grand que moi, qui soit durable. Je veux marquer et inspirer mes filles à suivre leurs propres envies et ambitions.
• trouvez-vous non pas un mentor mais un sponsor. Quelqu’un qui va vous ouvrir des portes, qui va prendre votre carrière à cœur et qui va être votre ambassadeur dans la communauté. avoir un sponsor c’est avoir un plan d’action.
Le leadership comme l’entrepreneuriat ne connaissent pas de frontières. Peu importe le sexe, l’âge, l’origine culturelle, c’est à nous qu’il appartient de prendre notre carrière en mains et de réaliser nos ambitions. Les immigrants qui ont eu l’audace et le courage d’immigrer ont le pouvoir de réaliser leurs rêves professionnels.

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